La Wallonie est-elle devenue l’Eldorado des start-ups ?17/02/2021

Bien établis en Wallonie, les GAFA continuent d’investir la région, à l’image de Google qui vient d’annoncer l’installation d’un énorme datacenter à Saint-Ghislain dans la province du Hainaut. 

Fort de sa présence en Belgique, Google compte déjà un investissement de 2 milliards d’euros dans le pays. La Wallonie est aussi un formidable réservoir des start-ups et de PME technologiques qui peuvent compter sur un environnement favorable et un dispositif de soutien des autorités. 

Pour nombre de ces entreprises, la crise du coronavirus a été un accélérateur de l’innovation, notamment pour la start-up liégeoise Osimis, spécialisée dans les solutions logicielles d’imagerie médicale. Le CHU de Liège a ainsi bénéficié de sa solution des transferts sécurisés d’imagerie médicale développée d’urgence au début de la crise sanitaire.

Pour sa part, la medtech wallonne Nyxoah a développé une technologie visant à combattre les apnées obstructives du sommeil. La société a levé 60 millions d’euros à la Bourse de Bruxelles en septembre. Cette entreprise me dtech wallonne vise également le Nasdaq.

Implantée dans le Parc scientifique de Mons, AMB Ecosteryl est spécialisée dans le développement de nouveaux équipements pour le recyclage et la destruction des déchets médicaux.

Les équipements conçus par ses équipes apportent une solution industrielle de stérilisation des déchets hospitaliers : les machines broient les compresses, les seringues et autres déchets issus des blocs opératoires pour en faire un broyat qui passe ensuite dans un four à micro-ondes pour être enfin stérilisé. 

La machine d’Ecosteryl peut traiter jusqu’à 2000 tonnes de déchets médicaux par an. Les clients de cette PME sont principalement des prestataires de services en environnement, des hôpitaux ou établissements de santé, des universités, des laboratoires et l’industrie pharmaceutique.

En raison de la diffusion mondiale du virus, les demandes de renseignements affluent de partout, notamment de Chine, où la souche virale est apparue pour la première fois, mais également du reste de l’Asie et de toute l’Europe.

Un test de dépistage rapide du coronavirus

La biotech liégeoise ZenTech, spécialisée dans la production de kits de diagnostic des maladies rares chez les nouveau-nés propose un test de dépistage rapide du coronavirus.

Développé par son partenaire chinois, ce kit a déjà été utilisé avec succès en Chine pour lutter contre l’épidémie. Par ailleurs, l’entreprise wallonne, qui a reçu l’autorisation de mise sur le marché en avril 2020 en Belgique, compte en produire entre 1,5 et 2 millions.

Ce test peut également identifier les porteurs sains du virus, ce qui va s’avérer utile lorsqu’il faudra étendre un peu plus les mesures de déconfinement ou ouvrir certains secteurs fermés depuis le début de la pandémie.

ZenTech travaille en partenariat avec la firme chinoise Zheda Dixun basée à Hanzhou. Le dernier test qu’elle a développé permet de détecter la présence du coronavirus dans le sang. Il a reçu l’approbation des autorités chinoises et européennes.

En détectant si la personne testée a réagi immunitairement au virus, ce test permet d’identifier les personnes malades ainsi que les individus immunisés, porteurs du virus mais ne développant pas la maladie.

« On vérifie la séroconversion au coronavirus. Quelqu’un qui a été infecté par le coronavirus va développer une défense immunitaire », explique Jean-Claude Havaux, le CEO de Zentech.

Ce test très rapide permet de donner un résultat dans les 10 à 15 minutes, et de désengorger les points de dépistage. Il présente aussi un autre avantage puisqu’il coûte beaucoup moins cher, près de 10 euros.

Lancement d’un coffre-fort numérique par les notaires belges

Cette innovation aura marqué l’année, il s’agit de la création d’un coffre-fort numérique gratuit par les notaires belges. Baptisé Izimi, ce coffre-fort est destiné exclusivement aux citoyens pour stocker les documents personnels importants, constituant ainsi une nouvelle étape vers la digitalisation des professions juridiques.

« Izimi est avant tout un coffre-fort digital personnel où chacun peut stocker ses documents importants de manière centralisée : passeports, diplômes, documents concernant l’achat d’un bien immobilier, acte de crédit, contrat d’assurance de la maison,… », précise notaire.be soutenu par la Fédération du notariat belge (Fednot).

Autre point important de cette plateforme : sa discrétion. « Les documents enregistrés ne sont accessibles à personne, pas même aux autorités ou à d’autres tierces personnes morales ou physiques. Les usagers de ce coffre-fort numérique pourront, dans le futur, être alertés via Izimi de tous les changements législatifs importants qui les concernent », ajoute la même source.

Il est à préciser qu’après un décès, les héritiers ne devront plus chercher tous les papiers importants. Ils n’auront plus besoin de fouiller dans tous les tiroirs pour savoir ce que possédait exactement le défunt. Grâce à Izimi, le notaire peut s’assurer que le contenu du coffre-fort soit transmis aux héritiers après le décès, sauf injonction contraire du détenteur du coffre-fort.

Des solutions pour augmenter la qualité des données de production et de traitement

La PME technologique wallone Belsim vise à améliorer les performances énergétiques des outils industriels, particulièrement dans l’univers de la chimie, du pétrole et du nucléaire.

Dans ce sens, l’entreprise fournit aux majors mondiaux (Aramco, Total, Air Liquide, etc) des solutions pour augmenter la qualité des données de production et de traitement.

Les équipes de Belsim analysent les infrastructures, installent ou inspectent des capteurs sur les différentes installations, en fonction des objectifs du client, afin de faire remonter les infos.

Vali, la solution logicielle développée par la société, traite et interprète alors les données provenant de ces très nombreux capteurs, qui mesurent les débits, les pressions, les températures et les flux, par exemple.

Le logiciel recalcule ensuite les indicateurs de performance au plus près de la réalité. Cet outil de contrôle est utilisé dans des sites industriels répartis un peu partout dans le monde. Parmi les clients, de grands noms tels que Aramco mais aussi Total, Air Liquide ou Petro Rabigh. Cette PME liégeoise emploie 25 personnes. Elle a généré un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros.

Un transport intelligent pour mettre fin aux embouteillages

Le dispositif de transport intelligent mis en place par la ville de Namur comprend 17 caméras de surveillance, 47 caméras ANPR (Automatic Number Plate Recognition), six capteurs de qualité de l’air, 257 capteurs de stationnement, 21 panneaux informatifs à affichage dynamique et 60 bornes d’information aux principaux arrêts de bus.

Ce dernier recoupe aussi d’autres données, telles que l’approche des bus en temps réel, le nombre d’emplacements disponibles dans certains parkings du centre-ville ou le nombre de vélos partagés accessibles dans les différentes stations.

L’objectif est d’informer et de conseiller en temps réel les usagers qui accèdent à Namur, en intégrant les différents modes de transport. In fine, l’outil doit permettre une réduction des temps de parcours et du trafic vers le centre-ville. Il vise également à promouvoir la multimodalité, tout en limitant la pollution. 

Les usagers sont notamment informés des zones de congestion ou d’accidents, des meilleurs itinéraires ou encore de la présence des parkings. En complément des panneaux d’affichage, les données sont mises à disposition sur le site https://sti.namur.be.

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